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Histoire / Patrimoine.

Histoire / Patrimoine.

Armoirie.

Feldbach avait dès la fin du XVIIe siècle pour emblème le bâton de pèlerin, en héraldique "bourdon", qui est l'attribut de saint Jacques le Majeur, le patron de la belle église romane du village.

Dans l'Armorial général dressé sous Louis XIV, il fut représenté de sable posé en pal sur fond d'argent et accosté des lettres V et B de sable, ces lettres étant les initiales des deux syllabes du nom de la commune orthographié Veldbach.

Ces armoiries ont été modifiés en 1976, les lettres ont été supprimées, par ailleurs l'argent a été remplacé par l'or et le rouge, couleurs des comtes de Ferrette, fondateurs du monastère de Feldbach où nombre d'entre eux furent enterrés.

L'emplacement du monastère qui donna naissance au village est appelé "Welpach" vers 1150-1156 dans la charte relative à la fondation.

Feldbach a appartenu au comté de Ferrette jusqu'à la Révolution.


Source: Arm. gén., p.384, n° 95.

Le prieuré.

En 1144 le Comte de Ferrette , Frédéric I, fonde un couvent de Bénédictines, sous l'obédience de l'abbaye de Cluny, au lieu dit "Welpach".

Dès que le couvent fut fondé, l'abbaye de Cluny envoya régulièrement un de ses moines bénédictins comme prieur. Ce prieur, aidé sans doute par un chapelain, s'occupait de l'administration spirituelle et temporelle du couvent; il était en même temps chargé d'âmes de la paroisse de Feldbach.

Le monastère était situé à gauche de l'église (nord), alors que le prieuré se trouvait à droite (sud). Le bâtiment du monastère a complètement disparu, mais la maison du prieur subsite telle qu'elle a été reconstruite en 1541; c'est la maison à tourelle dénommée "Schlössle" de le rue de Riespach. (Les Bâlois l'avaient incendiée en 1446).

Jusqu'au 14e siècle le prieuré de Feldbach était un des plus peuplés des prieurés clunysiens d'Alsace. Mais en 1324 mourait le dernier des comtes de Ferrette (Ulrich II).

Sa fille Jeanne se maria avec l'Archiduc Albert d'Autriche. Le Comté de Ferrette passa aux Habsbourg. Dès lors les protecteurs du prieuré de Feldbach étaient loin et, sans eux, le couvent perdit de son importance.

Situé à un carrefour de routes, il fut souvent éprouvé par le passage de bandes de pillards (Les "Anglais" de la "Guerre de Cent Ans" vers 1370, les "Armagnacs" vers 1444). A la suite du passage des Armagnacs, commandés par le dauphin, futur roi de France, Louis XI, appelés par l'empereur Frédéric III pour se battre contre les Confédérés de Suisse et les Bâlois, la guerre éclata entre les Habsboug et les Suisses. Lors d'une expedition des Bâlois dans le Conté de Ferrette, le prieuré fut incendié. La restauration fut entreprise en 1460.

La Guerre des Rustauds porta le coup de grâce au couvent (1525). Les soeurs se réfugièrent à Bâles et aucune ne revint à Feldbach. Le prieuré ne continuait pas moin à subsister, un moine de Cluny gérant les possessions importantes du couvent, ce qui permettait d'entretenir un prieur qui n'était plus qu'administrateur de la paroisse.

Vint l'époque de la Guerre de Trente Ans (1618-1648). Un des prieus (Johannes Nicolin) préféra, en ces temps de trouble, transférer sa résidence de Feldbach à Chaux-sur-le-Doubs et loua le prieuré de Feldbach à l'abbaye de Lucelle qui y envoya régulièrement des administrateurs.

En 1636, les Habsbourg, d'autorité, cédèrent le prieuré au collège des Jésuites d'Ensisheim. Ala fin de la Guerre des Trente Ans, Cluny revendique à nouveau son prieuré; mais l'Alsace était devenue Française, Louis XIV, et un peu plus tard le Pape, confirmèrent les Jésuites dans leur droit.

Lorsque, en 1773, l'ordre des Jésuites fut interdit en France, le prieuré avec ses bénéfices, passa au Collège Royal de Colmar.

En 1790 la Révolution Française fit disparaître le prieuré et annexa tous ses biens.


Source: Le prieuré et l'église de Feldbach.
Auteur: F. Deyber


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Eglise du XIIe siècle.

Avant que le Comte de Ferrette Frédéric I ne fasse signer sa charte de 1144 pour donner a l'église de Feldbach Saint Jacques comme patron, la paroisse avait comme patron Saint Laurent, patronymat qui indique un lieu de culte chrétien très ancien.

Feldbach se trouvait a un carrefour de routes romaines, et il est fort possible qu'il y existait un lieu de culte payen. Les historiens parlent d'une sorte de « réserve » gallo-romaine qui a maintenu son ancienne culture même après l'effondrement de l'empire romain et l'invasion des Alamans. Cette réserve se situerait dans la petite région avec ses lieux a consonance typiquement gallo-romaine comme Moernach, Koeslatch, Durmenach, welpach(Feldbach). On ne peut d'ailleurs imaginer que le Comte de Ferrette ait choisi un endroit quelconque plutôt qu'un autre comme lieu de sépulture pour sa famille s'il n'y existait pas déjà un sanctuaire.

Ce sanctuaire a-t-il été remanié au 12e siècle ou entièrement démoli pour faire place a l'édifice encore debout?

Le problème intrigue et divise les archéologues. Les colonnes de la partie occidentale de l'église portent des chapiteaux qui pourraient provenir d'un édifice plus ancien, du moins quatre d'entre eux dont la facture est des plus archaïques.

M. Robert Will, chargé par les services des Monuments Historiques de faire les études archéologiques dès le début des travaux de fouille (1966), pense que l'église de Feldbach, dans ses structures essentielles a été construite au moment de la fondation de couvent (vers 1145) et son architecte (sans doute un moine de Cluny) se serait contenté de reproduire l'ordonnance basicale traditionnelle (3 nefs parallèles fermées a l'est par trois absides et devant le chevet, un transept a croisée flanqué de croisillons ne dépassant pas les dimensions des bas-coté).

Dès le début de cette construction on avait prévu une division de l'édifice en zones à destinations diverses (couvent et paroissiale), soulignées par le décor diversifié de la nef centrale.

Dans le choeur des moniales (partie est) les murs hauts sont percés de fenêtres rondes (oculi) alors que dans la partie paroissiale (ouest) il y a des fenêtres hautes a plein-cintre.

Plus tard cette différenciation a été concrétisée d'avantage (la paroisse s'étant sans doute développée) par une clôture divisant la nef en deux. On peut admettre que ceci fut réalisé après que les Bâlois, en 1446, eussent incendié l'église.

La nef centrale fut divisée en deux par un chancel (clôture) et les bas-coté furent clôturés transversalement par des murs pleins. L'autel paroissial (St Laurent) se trouvait alors devant le chancel, coté ouest. Le dallage fut refait en carreaux de brique posés sur un remblai a environ 15cm au-dessus du sol roman. A cette époque l'église fut sans doute dotée d'un plafond, alors qu'auparavant le regard pénétrait a travers la charpente jusqu'aux tuiles.

Après l'inondation de 1721 on remblaya le sol d'une hauteur de 40 à 50 cm et démolit le mur coupant la nef en deux.
L'abside du bas-coté nord fut démolie et remplacée par un mur droit.

En 1831 le Feldbach déborde encore. Dès 1834 on relève à nouveau le niveau du dallage. La porte de bas-coté sud fut murée et on créa une nouvelle porte au milieu de ce bas-coté. Le linteau et le tympan du grand portail furent supprimés et dans les murs des bas-coté on perça plusieurs grandes fenêtres.

Entre 1842 et 1870 l'abside sud disparaît et les deux croisillons sont transformés en sacristies, alors que la moitié du bas-cotés nord va servir de remise.

Dès lors manquaient les soutiens les plus importants pour la poussée du grand arc triomphal soutenant le pignon est de l'église. Les murs se mirent à céder sous cette poussée et des fissures menaçantes apparurent surtout dans l'abside centrale. Une restauration s'imposait. En 1888 Charles Winkler, architecte-conservateur des Monuments historiques (sous le régime allemand), procéda à la dernière restauration. La grande abside fut démolie jusqu'aux fondations et reconstruite. L'arc triomphal fut renforcé par un arc de soutien en briques.

Les bas-cotés furent entièrement dégagés et dallés. Des tirants de fer furent ancrés dans les murs. Trois fenêtres romanes murées furent rétablies. Le mur gauche de la nef centrale qui était plein depuis l'origine fut percé et l'on y aménagea 3 arcades symétriques aux arcades du mur droit. (Dans la nef latérale sud se trouvait sans doute la sacristie du prieuré, surmontée d'une tribune réservée à la famille des Contes de Ferrette. Au travers des ouvertures à arcatures du 12e siècles ils pouvaient prendre part aux offices lors d'un service ou d'un enterrement).

Le clocher se trouvant actuellement à coté de l'église n'a été construit qu'en 1910. Avant cette date un petit clocheton surmontait la façade ouest de l'église (construit en 1863).

La restauration récente (1975-1977) a visé à redonner à l'église son aspect archaïque du 12e siècle, en tenant compte toutefois de certains apports du 15e siècles, se basant sur les études archéologiques de M. Robert Will, sous la direction de M. Bertrand Monet, architecte en chef des Monuments Historiques.


Source: Le prieuré et l'église de Feldbach.
Auteur: F. Deyber


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Restauration de l'église.

A l'initiative de M. le curé Deyber, chargé d'âmes de la paroisse depuis 1965 et appuyé par le Conseil Municipal et son Maire, M. Albert Dattler, l'église de Feldbach, classée monument historique, à fait l'objet, en 1966, de fouilles et de déblaiements entrepris dans le cadre de l'« Opération Taupe » qui s'avérèrent rapidement des plus prometteurs.

Le niveau du sol de ce sanctuaire ayant été, au cours des siècle, relevé d'une hauteur moyenne de 1.10m, il fut décidé de commencer l'évacuation de cette terre de remblai, afin de dégager le niveau initial du sol. La population, intéressée depuis longtemps par cette restauration, prit la relève des étudiants et, dans un magnifique effort, mena ce travail à bonne fin (environ 5000 heures de travail effectuées durant deux hivers, et 300m³ dégagés à bras d'hommes).

Une ancienne baraque des « Domaines », ayant servi aux pompiers de salle de fête, fut démontée et remonté dans le verger du presbytère, permettant, à titre provisoire, à la paroisse d'avoir un lieu de culte.
Ce dégagement du sol fit apparaître dès lors la beauté de l'édifice dans ses proportions d'origine, ce qui permit une restauration complète de ce chef-d'oeuvre du 12e siècle.

Au titre du 5e plan (exercice 1970), une tranche de 70.000Frs (dommages de guerre) et 150.000Frs (vétusté) permirent de réaliser les travaux préliminaires indispensables, notamment : décapage des murs intérieurs des enduits et du plâtre, travaux d'assainissement et de drainage autour de l'église, pose de gouttières en cuivre...

Parallèlement des fouilles archéologiques minutieuses furent effectuées par M. Kern, sous la direction de M. Robert Will, architecte en chef de la Communauté Urbaine de Starsbourg.

La restauration réelle restait cependant à effectuer. L'avant projet dressé par M. Bertrand Monnet, architecte en chef des Monuments Historiques à Strasbourg, fut présenté pour approbation à la Commission Supérieur des Monuments Historiques à Paris, le 19 mai 1972.
Cette Commission a approuvé, dans sa séance du 23 octobre 1972, l'avant projet permettant ainsi l'établissement du plan définitif de restauration par M. Monnet.

Après bien des démarches et interventions de nos parlementaires, M. Weisenhorn, député, M. Nuninger, sénateur, MM. Jean et Klemm, conseillers généraux, nous obtenions la confirmation de l'inscription du 6e Plan (exercice 1973-1974-1975)du fonds de concours de l'Etat, à raison de 50% des dépenses relatives à la restauration générale de l'édifice (vétusté). Entre temps le dossier technique définitif est enfin prêt pour être présenté à la Commission Supérieur des Monuments Historiques à Paris, et fut adopté sans difficulté. Le devis, approuvé par la direction des Affaires Culturelles de Strasbourg, faisait ressortir un total de dépenses d'environ 1.600.000Frs (valeur 1974).

Le 5 août 1974 le Conseil Municipal, usant de nouvelles dispositions légales, opta pour la prise en charge de la maîtrise de l'ouvrage. Toutes les pièces étant enfin réunies, l'assemblée décida, le 11 janvier 1975, l'exécution des travaux. Par adjudication les travaux de maçonnerie et de pierres de taille furent confiés aux entreprises Kraft de Thann et Gass de Winkel, groupés en l'occurrence. Les travaux de dallage et de menuiserie vitrerie furent adjugés plus tard et confié respectivement à l'entreprise Enderlin de Riespach et le Groupement des Menuisiers du Sundgau. Les travaux d'aménagement intérieur restaient entièrement à la charge de la Commune et de la Paroisse, notamment : L'installation électrique par M. Munzer de Hirsingue, les travaux sanitaires et zinguerie par M. Weigel de Hirsingue, le chauffage à air pulsé par la Maison Jung de Strasbourg, les nouveaux banc d'église par les Ets Houssard d'Avranches, le nouvel autel et le tabernacle par M. Kaeppelin, Paris, les vitraux d'art par M. Lardeur, Paris.

Pour faire face à ses engagements financiers la commune a réalisé un emprunt de 400.000Frs à 9.25% sur 20 ans auprès de la caisse de Dépôts et Consignation, dont les annuités ont pesées lourd au budget communal.

Une commission pour la restauration de l'église, composée d'élus, de membres de la Fabrique d'Eglise et des responsables des différentes sociétés, a été crée et organise des quêtes mensuelles qui prouvent à travers les chiffres combien les habitants de Feldbach restent attachés à leur église, tout en contribuant ainsi à enrichir le Sundgau d'un précieux atout touristique et culturel.


Source: Le prieuré et l'église de Feldbach.
Auteur: F. Deyber


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